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Interview : Stéphanie Hersent, coiffeuse et maître d’apprentissage

Dès l’âge de 17 ans, Stéphanie Hersent commence son cursus par un CAP en école de coiffure. Elle est en stage chaque samedi et pendant les vacances scolaires, tout en suivant ses cours le reste de la semaine. Ensuite, Stéphanie effectue une mention complémentaire et un BP en apprentissage, et travaille en tant que salariée pendant 4 ans dans différents salons. Suite au départ en retraite de son dernier employeur, elle décide de reprendre son entreprise et obtient le titre de maître artisan par la suite. À maintenant 43 ans, Stéphanie forme des apprentis dans son salon “Stepha’tif Coiffure” à L’Huisserie.

Avez-vous un regret par rapport à votre parcours professionnel ?
S.H “Pas du tout, parce que j’ai fait tout ce que j’ai voulu faire. Même au niveau des corrections de concours et d’examens. J’ai un mari qui a été très investi quand il fallait corriger le dimanche. Parce que ce n’est pas toujours facile avec des enfants en bas âge. Je n’ai jamais été bridée en réalité. Donc, je me suis vraiment réalisée professionnellement en faisant beaucoup de choses très vite et très jeune.”

Si vous deviez recommencer à zéro, feriez-vous les choses autrement ?
S.H “Non, je ferais mon parcours exactement de la même manière.”

Quel est le cliché sur votre métier qui vous énerve le plus ?
S.H “Les blondes sans cervelle ! C’est ça le cliché du métier ! Certains pensent que nous n’avons pas fait d’études et que nous n’avons pas obtenu de diplômes. Et ça, c’est une idée reçue qui m’embête énormément, parce qu’on a l’impression d’être de simples coiffeuses qui coupent des cheveux et puis basta.”

Quelles vérités de votre métier voulez-vous que tout le monde sache ?
S.H “Il y a vraiment des études et des examens à passer pour devenir coiffeur. On est valorisé par rapport à notre cursus. Aujourd’hui, il y a quand même un CAP, une mention complémentaire, un BP, un BM, et on peut aller jusqu’au BTS. Donc, c’est un vrai métier et il faut être passionné pour l’exercer. C’est très enrichissant au quotidien.”

L’alternance est-il le meilleur moyen de donner du sens à ses études ?
S.H “Oui je pense. De fait, après le CAP, il n’y a pas d’école qui forme à la coiffure. L’apprentissage est la seule voie possible. Il y a beaucoup de temps à passer en pratique et en théorique. Mais c’est vrai qu’un apprenti motivé y arrivera parce qu’il aime ce métier. En se formant chez un employeur, c’est quand même autre chose. C’est voir la réalité du terrain : comment les clients se comportent, comment un salon se dirige. Il y a le côté technique, mais aussi la gestion avec les stocks ou l’encaissement. Il y a plein de choses que l’école ne peut pas enseigner.”

Que diriez-vous à un jeune qui hésite entre l’alternance et une autre formation ?
S.H “Personnellement, ma fille est partie en bac professionnel parce qu’elle sait ce qu’elle veut faire. Mon fils va sûrement faire la même chose. Donc, je pense qu’il faut d’abord savoir ce qu’on veut faire avant de se décider. Mais si ce jeune ne sait pas du tout vers quel métier il veut aller, mieux vaut rester dans une filière générale. Car dans le professionnel, il faut que ça lui plaise ! La passion du métier est essentielle. Je pense qu’il devrait y avoir plus de stages dès la 3ème et la 4ème pour aider les jeunes à découvrir certains métiers.”

Et à ses parents ?
S.H “Je leur conseillerais de faire des immersions dans des écoles. C’est ce que j’ai fait pour ma fille parce qu’elle hésitait entre un bac professionnel et général. Elle a donc passé une journée dans deux écoles différentes pour se décider. Il faut également qu’ils leur fasse faire des stages, même pendant les vacances scolaires. C’est comme ça que leur enfant verra si ça lui plaît ou non.”

Le plus important pour vous, c’est le savoir-faire ou le savoir-être ?
S.H “Plutôt le savoir-faire. Il est très important dans notre métier.”

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