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Interview : Corinne Rossi, professeur en fleuristerie

Diplômée d’un BTS action commerciale passé en alternance, Corinne Rossi décide de se lancer dans sa passion pour la création florale. Donc, elle effectue un CAP puis un BTM en apprentissage, et ouvre sa propre boutique à Morlaix dans le Finistère à l’issue de son cursus. Après 12 années en tant que chef d’entreprise, Corinne souhaite finalement se reconvertir, et se tourne vers l’enseignement par hasard. Ayant gardé des contacts au Mans, elle remplace son ancien professeur parti à la retraite. Depuis 4 ans, Corinne accompagne les apprenants et leur dispense ses connaissances au Centre de Formation du Mans. 

Pensez-vous que les apprentis ont fait le bon choix pour leur avenir professionnel ?
C.R “En classe, mon objectif consiste à amener les apprenants à devenir passionnés. Au départ, ils tâtonnent un peu parce que la fleuristerie ne se limite pas à vendre des végétaux et créer des bouquets. Il est possible de faire de la décoration, de toucher à l’événementiel, travailler dans les palaces… C’est donc un métier très valorisant qui emmène les jeunes. Le savoir-faire devient passionnant si l’investissement personnel est présent. En bref, il y a énormément de choses à faire et on ne s’en rend pas compte immédiatement.”

Quel regard portez-vous sur l’apprentissage ?
C.R “Aujourd’hui, l’apprentissage est une voie d’excellence. Cela permet d’exercer des beaux métiers d’art et d’artisanat. Ça aide également à valoriser la confiance en soi. C’est-à-dire que l’alternance révèle les personnes en tant que professionnels. Les apprentis prennent conscience de leurs capacités et de leur potentiel de réussite. Des personnes font de très beaux progrès pendant leur formation et connaissent de très beaux parcours par la suite. »

Quel est le cliché sur l’apprentissage qui vous énerve le plus ?
C.R “Ça m’énerve d’entendre dire que l’apprentissage, c’est pour les mauvais élèves. Parce que ce n’est pas le cas. L’alternance, c’est pour tout le monde. C’est fait pour les passionnée, les gens qui ont des convictions et qui ont besoin de trouver du sens. C’était mon cas et ça m’a permis de me trouver.”

Quelles vérités sur l’apprentissage voulez-vous que tout le monde sache ?
C.R “Cette voie permet de s’exprimer professionnellement, d’évoluer, de trouver du travail rapidement, et de devenir passionné par la matière première : manipuler les fleurs, les transformer…”

L’alternance est-il le meilleur moyen de donner du sens à ses études ?
C.R “On ne peut pas apprendre un métier sans le pratiquer tous les jours. C’est une évidence pour moi. Les stages ne sont pas suffisants pour y arriver. Il est possible de passer 3 semaines en entreprise et de ne pas se rendre compte de toutes ses opportunités. Dans ma boutique, j’ai formé beaucoup d’apprenties, et elles touchaient à tous les domaines. Que ce soit, le végétal en lui-même, leur entretien, la réception de la marchandise. Elles apprennent aussi à valoriser la surface de vente, la vitrine. Elles gèrent les achats, les stocks. Elles conseillent et vendent les produits en magasin. Et puis elles confectionnent toutes sortes de bouquets et de compositions florales pour toutes les occasions. Donc l’alternance, ça permet vraiment de découvrir tous les aspects du métier, autant sur la partie savoir-faire, que commerciale et gestion. Quand une apprentie me pose des questions sur les achats, les fournisseurs ou les méthodes de travail, j’ai tout de suite envie de lui transmettre mes connaissances. Et ça crée de beaux échanges.”

Que diriez-vous à un jeune qui hésite entre l’alternance et une autre formation ?
C.R “C’est bien aussi de trouver sa voie dans une filière classique. Le principal, c’est d’identifier son projet. Celui qui n’arrive pas à se faire une idée peut prendre le temps de réfléchir. C’est une question de maturité. On n’a pas tous une idée précise de ce que l’on veut faire dès l’âge de 15 ans. Ça peut être intéressant de faire des études avant d’arriver vers le métier de fleuriste. Ainsi, on n’est plus plus motivé, parce qu’on sait où on veut aller.”

Et à ses parents ?
C.R “Pour moi, c’est important de continuer ses études et d’avoir son bac. Mais, il faut surtout écouter les envies de son enfant. Il n’y a rien de pire que de forcer un jeune à faire ce qu’il ne veut pas. Il faut respecter ses choix, essayer de l’accompagner et l’encourager le plus possible en répondant à ses questions.”

Le plus important pour vous, c’est le savoir-faire ou le savoir-être ?
C.R “Le savoir-être, c’est l’envie, la motivation, les valeurs. Donc, on ne peut pas acquérir un savoir-faire sans. De plus, en fleuristerie, on travaille beaucoup avec les émotions. Les permettent d’exprimer beaucoup de choses. C’est pour cette raison que le savoir-être est indispensable. On met toujours un peu de sa personne dans la création florale.”

Rendez-vous sur www.urmapaysdelaloire.fr pour découvrir la formation en alternance.