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Interview : Christelle Postel, enseignante prévention santé environnement

Au lycée, Christelle Postel s’oriente vers un Bac L, alors qu’on lui conseille l’apprentissage. Mais dans les années 80, la formation en alternance n’a pas une très bonne image. Alors, elle choisit de continuer en sport-étude dans une section handball, et passe un diplôme d’aide soignante. Un métier que Christelle exerce pendant 20 ans avant de se reconvertir. Depuis 3 ans, elle occupe un poste de formateur PSE à l’URMA Maine-et-Loire. À maintenant 48 ans, elle enseigne la prévention des risques professionnels, administratifs, environnementaux et de santé à des apprentis boucher, charcutier, fleuriste, boulanger, coiffeur, ou encore mécanicien.

Pensez-vous que les apprentis ont fait le bon choix pour leur avenir professionnel ?
C.P “Majoritairement oui. Ça se voit aux résultats de fin d’année et à l’investissement personnel. Ils ne se plaignent pas de faire des heures sup. Souvent, ce sont des jeunes qui ont besoin de mettre la main à la pâte. L’apprentissage permet d’apprendre des métiers manuels. Ils ne sont pas fait pour rester assis sur une chaise toute la journée.”

Quel regard portez-vous sur l’apprentissage ?
C.P “On n’est pas tous des intellectuels. Heureusement qu’il y a des métiers manuels pour permettre à ces jeunes de montrer leurs savoirs. Je pense notamment à la carrosserie. C’est un métier d’art ! Redresser une carrosserie et la rendre toute belle, c’est hyper valorisant pour un jeune de 15 ans. Il y a vraiment un travail fourni avec un début et une fin. Alors, ils peuvent faire des fautes de français. Mais à côté de ça, ils savent faire des choses que beaucoup de personnes ne pourraient pas réaliser.”

Quel est le cliché sur l’apprentissage qui vous énerve le plus ?
C.P “Ça m’énerve d’entendre dire que ce sont des bons à rien. Parce qu’ils sont mauvais en français, on leur dit que ce sont des nuls. Souvent, on leur a fait comprendre au collège qu’ils ne feraient jamais rien dans la vie. Sauf qu’ils arrivent chez nous et cumulent 3, 4 ou 5 diplômes. En définitive, ils arrivent sur le marché de l’emploi et obtiennent de très beaux salaires. Ce ne sont pas des ignorants simplement parce qu’ils n’ont pas les compétences attendues dans le milieu scolaire.”

Quelles vérités sur l’apprentissage voulez-vous que tout le monde sache ?
C.P “L’apprentissage permet de vraiment valoriser le jeune. C’est une façon de pouvoir trouver sa place et de s’épanouir à travers une passion.”

L’alternance est-il le meilleur moyen de donner du sens à ses études ?
C.P “Je trouve que l’alternance est un peu dure, mais ça fait partie de l’apprentissage. C’est très difficile pour un jeune d’être 3 semaines en entreprise, puis une semaine au Centre de Formation. 35 heures en entreprise, c’est bien parce qu’il faut pratiquer pour apprendre. Mais 35 heures en cours, c’est trop. Ces jeunes ne sont pas faits pour rester assis, et ils peuvent avoir des devoirs à la maison. Avec seulement 6 heures par jour, ça leur permettrait d’approfondir certains sujets par eux-même.”

Que diriez-vous à un jeune qui hésite entre l’alternance et une autre formation ?
C.P “Je lui demanderais quel est son projet et ce qu’il souhaite faire, tout simplement. Tout vient de là, parce que l’apprentissage ne s’adapte pas à tous les métiers. Donc, il faut déjà savoir ce qu’il a envie faire et voir ensuite. Parce qu’en plus, l’alternance peut se faire après la 3ème ou le Bac. En définitive, il faut prendre en compte le projet du jeune.”

Et à ses parents ?
C.P “Laissez votre jeune choisir ! Il faut faire en sorte qu’il s’épanouisse. Parce que le forcer à suivre une filière générale alors qu’il n’en a pas envie, ça ne sert à rien.”

Le plus important pour vous, c’est le savoir-faire ou le savoir-être ?
C.P “Si le savoir-faire n’est pas excellent, mais que le savoir-être oui, toutes les entreprises et le monde adulte vont continuer à lui donner les moyens. Un jeune qui ne serait pas ponctuel, pas organisé, pas respectueux… Le maître d’apprentissage mettra un frein. Parce que l’attitude n’est pas favorable, l’acquisition du savoir-faire non plus. En bref, le savoir-être permet de perfectionner les savoir-faire.”

Rendez-vous sur www.urmapaysdelaloire.fr pour découvrir la formation en alternance.